I .Présentation
L’élevage amateur de nos races de volailles françaises est depuis des dizaines d’années ancré dans le patrimoine de l’Aviculture de notre Pays.
Jeune, j’ai toujours baigné au milieu des animaux de la basse-cour. Petit je voulais posséder ma propre ferme et élever des volailles pour le plaisir.
Aujourd’hui un peu plus grand j’ai exaucé ce vœu, qui me tenait à cœur.
J’ai eu la chance lors de ma vie de rencontrer ma femme qui, partage ce même entrain et m’a aidé à élever avec détermination une race plus qu’une autre, « La Gauloise ».
Les volailles pourraient être apparentées à leur éleveur, tout comme on pourrait faire un rapprochement entre un maître et son chien. Le caractère, faisant parfois foi de similitude.
Lors de ma première rencontre avec un couple de Gauloise sur l’exposition de Brienne le Château, l’évidence s’est faite telle une rencontre homme animal dans une SPA.
Sa beauté, son origine, son histoire, un tout qui m’a poussé à franchir le pas et d’acquérir mes premiers sujets, qui certes pas bien notés, m'ont aidé dans mon apprentissage de l’élevage de la Gauloise.
Les critères de sélections y étant nombreux, j’ai appris à améliorer mes sujets avec un peu de temps et beaucoup de patience.
Je ne voulais pas et refuse toujours à ce jour faire de la reproduction en « consanguinité ». Je souhaite développer une production basée sur une diversité génétique la plus large possible.
J’ai donc acheté divers poules et coqs à des éleveurs qui m’étaient recommandés.
Forcé de constater que les liens de parenté entre les volailles n’étaient pas si éloignés que cela.
Les recherches de nouvelles souches sont devenues une priorité.
A force de persévérance dans mon idée de diversité génétique, j’ai observé une amélioration très significative de la beauté de mes coqs et de mes poules années après années, améliorant les notations reçues lors des expositions avicoles auxquelles je participais.
Malheureusement, La Gauloise bien que connue de par son renom emblématique de la France, n’est pas très présente et semble être délaissée dans le temps. J’avais donc beaucoup de difficultés à me procurer de nouveaux reproducteurs.
Il m’a fallu un déclic pour me lancer tête baissée dans une année destinée à répertorier les éleveurs amateurs de notre emblématique coq national et également définir les souches présentes de cette race en France.
La Gauloise tout comme la quasi-totalité des races de volailles Françaises sont considérées comme perdues.
Toutes les races traditionnelles de poules sont menacées », soit 50 à 55 races, sur la soixantaine que compte la France.
C'est le constat de la biologiste Elisabeth Blesbois, de l'unité de recherche avicole de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) à Nouzilly, près de Tours.
Pourquoi recenser la Gauloise?
Pour ne pas la voir disparaître, tout simplement en répertoriant éleveurs, détenteurs et souches. Ainsi participer à la préservation de la biodiversité animale.
Un recensement demande beaucoup de temps et de patience. Mais pas seulement.
J’ai débuté ce recensement le 14 octobre 2017. A ma connaissance, seule l’association " Bresse Gauloise Club de France ", qui représente cette race ainsi que la Bresse Gauloise, pouvait m’apporter des informations immédiates.
III. Objectif de ce recensement
L’initiative vise à connaître et répertorier les éleveurs et détenteurs de cette race. Le but étant de faciliter les échanges grâce à des données qui à ce jour n’existaient pas.
Un recensement permet de projeter l’avenir d’une race. Il permet de ressouder des liens entre éleveurs et de rapprocher les relations intergénérationnelles, grâce à un apport de communication indispensable.
Un recensement permet de mieux protéger, grâce aux données qui permettent de déterminer les problématiques (exemple, il y a beaucoup moins d’élevages de volailles dans le sud-ouest, peut-être que la grippe aviaire a généré des soucis d’élevages avicoles amateurs dans cette région), et ainsi palier grâce à un réseau d’éleveurs à ces problématiques.
Il permet de mieux connaître la population et de la situer (éleveur, animal).
Ce recensement vise à sauver la génétique de la race Gauloise et à sauvegarder un patrimoine irremplaçable.
IV. Déroulement
Pas très à l’aise à l’oral et bien moins à l’écrit, quelle idée je m’étais bien mis là de faire un recensement de la Gauloise.
Soutenu par mes poches et des amis avicoles, j’ai petit à petit passé mes premiers appels parfois vagues, sinueux et manquant de certitudes dans mes mots.
J’ai alors fait des recherches, pour approfondir mes connaissances personnelles en aviculture afin de me sentir plus apte à entamer une conversation fluide.
J’eu de grands plaisirs à partager ma passion au travers de cette mission que je m’étais imposé.

Les rencontres ont été étonnantes, et ce parfois même pour la personne au bout du téléphone, qui bien souvent était surprise d’être appelée pour un recensement d’une race de volaille.
L’activité fut intense les premiers mois, de par les remontées d’informations qu’il a fallu trier .Des relations m’ont permis de refaire découvrir à d’anciens éleveurs de Gauloise que la race n’était pas encore perdue. J’ai très bien vécu ces quelques mois et je pense que les amoureux de la Gauloise ont eu beaucoup de plaisir également, de savoir qu’une action était en cours de réalisation pour les aider à trouver du sang neuf pour leur reproduction.
Je suis satisfait de la liste que j’ai pu établir aujourd’hui, mais je sais qu’elle reste incomplète.
Nombreuses tentatives de communications avec des associations, des éleveurs et autres contacts potentiels me sont restées sans retour.
Et pourtant, l’idée est bonne et partagée de tous, mais pourrait facilement être abandonnée sans persévérance.
Je pense qu’il est plus facile et plus efficace de connaître la race que l’on élève à plusieurs, que seul au fond de son jardin.
J’espère que d’autres passionnés de volailles Françaises prendront l’initiative de répertorier les races qui restent encore à répertorier.
Après six mois de recherches, une première liste a été établie, un travail de bouche à oreille a permis de compléter les lignes.
La liste bouge en permanence, naissance, perte, vente, acquisition, toutes les informations sont importantes.
Un recensement doit être actualisé pour être précis. J’ai pour cela faits des relances qui m’ont permis de créer des liens avec des éleveurs.
Voici quelques chiffres :
300 courriers pour 10 retours seulement
4 retours suite à être passé à la radio (RTL avec Stéphane Bern)
10 retours suite à la parution d’une annonce dans le magasine Rustica
2 appels suite à la parution de mon recensement dans la revue avicole.
Ce sont aussi près de 300 contacts eus au téléphone, grâce à une liste d’éleveurs qui avait été tenue par Mr Vacheroux, une liste qui n’avait pas été mise à jour depuis près de 10 ans.
Il y a quelques années un club présidé par un éleveur passionné Mr Vermeulen Nicolas était tenu dans l’Ouest de la France près de Caen en Normandie, le GDCF (la Gauloise dorée club de France) dans le but de développer et sélectionner la race Gauloise. Cette association aujourd’hui disparue représentait 200 membres dispersés sur une soixantaine de départements.
Nombres d’entre eux ont aujourd’hui arrêté d’élever cette race, pensant qu’il n’y avait plus d’association à laquelle se rattacher.
J’ignore les raisons de la perte de cette association, mais il est sûr qu’elle s’est éteinte, et a causé un déclin significatif des éleveurs de la Gauloise en France, emportant avec elle une partie du patrimoine génétique de cette race.
VI. Liste établie
88 éleveurs ont répondu à mes demandes afin d'établir un fichier permettant de se faire une idée des différentes souches de Gauloise en France.
VII. Objectif
Un recensement prend et demande du temps. Il serait regrettable de devoir tout recommencer à zéro.
Pour permettre à l’Aviculture Française, à la SCAF, au Bresse Gauloise Club de France et aux éleveurs de cette sublime race, de pouvoir projeter l’avenir génétique de la Gauloise, toutes les informations et les connaissances qui peuvent être transmises pour les générations futures, sont à me remonter.
Je continuerais à actualiser le tableau ….
VIII. Infos
Lors de cette année 2018, voici les informations reçues :
6 personnes ont arrêté, alors qu’elles élevaient de la Gauloise depuis de nombreuses années.
La reproduction a été moins forte que l’année précédente, en moyenne, moitié moins de poussins.
Forte mortalité des poussins âgés de 5 à 6 semaines durant l’été.
D’innombrables pertes dues à des attaques de prédateurs.
Beaucoup d’œufs clairs en début de printemps.
78 personnes inscrites sur la liste.
153 coqs Gauloise 510 poules Gauloise.
IX. Remerciement
Merci à tous, de votre complicité et de votre compréhension.
Merci pour vos mails d’encouragements que je reçois régulièrement et qui font plaisir à lire.
Je remercie les interlocuteurs qui m’ont aidé à porter cette mission jusqu’au bout.
J’espère que ce modeste compte-rendu vous éclairera un peu sur l’avenir de cette race emblématique de notre pays.
Et que vous serez vous tous porteur de messages en faveur de la sauvegarde de la Gauloise.
Considéré comme perdu, je n’ai qu’un rêve, faire de cet animal une volaille de renommée qui perdurera dans le temps.
Car la Gauloise a su traverser les années, les famines et les guerres.
Aujourd’hui, son avenir est incertain, mais grâce à vous et à tous ceux qui soutiennent cette race, la Gauloise ne disparaîtra pas….